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Publié le mardi 26 août 2003

Mardi 26 août 2003

Qu'est-ce qu'il a à me dire, le hasard ?

 

LIVRE SEPTIEME
Quid tum si fuscus Amyntas

Virgile. 

Je regarde la couverture du livre que j'ai pris et ouvert au hasard. André Gide. Les nourritures terrestres.
La traduction de cette citation de Virgile est : Qu'importe qu'Amyntas ait le teint hâlé ?

Je prends le temps de m'étonner du fait qu'en ouvrant un livre d'André Gide, qui contient surtout des écrits d'André Gide, j'arrive à tomber juste sur des mots qui ne soient pas de lui.
Cette page se situe exactement au milieu du livre. Paf, fondu-enchaîné et voilà Lamartine qui rapplique :

Le livre de la vie est le livre suprême ;
Qu'on ne peut ni fermer, ni rouvrir à son choix.
Le passage attachant ne s'y lit pas deux fois,
Mais le feuillet fatal se tourne de lui-même ;
On voudrait revenir à la page où l'on aime,
Et la page où l'on meurt est déjà sous vos doigts.


Je ne peux échapper à ce poême. Il s'impose dès que je pense aux pages que l'on tourne. J'aimais, jadis, la fatalité dont il est empreint. Maintenant, je le trouve simplement triste. Il y a tant de poêmes tristes ! Presque tous ceux que je connais... J'égrène leur noble misère et elle s'effrite entre mes doigts... Oceano nox, La mort du loup, Brise marine... Que d'anthologies pleines de désillusions !

Moi si j'avais de l'imagination, je n'en ferais pas des poêmes désabusés, je monterais sur ses ailes et j'irais flâner dans le jardin extraordinaire chanté par Trenet, ou alors je dessinerais des oiseaux à la façon de Prévert !

 


Papillon de Lune ou de l'Autre | | 2003-08-26 11:27:39
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4 Commentaires :

Commentaire écrit le samedi 14 janvier 2006 à 19:02:25 (lien)
Michel RENARD - http://recuerdo.macreablog.com/
La citation de Virgile par André Gide dans les "Nourritures terrestres" ("Qu'importe qu'Amyntas ait le teint hâlé ?") renvoie à une autre épigraphe d'un autre livre de Gide, titré "Amyntas" : "Incipe, Mopse, prior..." (commence Mopsus...).
Les deux citations proviennent des "Bucoliques", et les "Bucoliques" conduisent au tableau de Poussin : "Les bergers d'Arcadie" ou "Et in Arcadia ego" (même dans l'Arcadie, j'existe), phrase dans laquelle le "Je" est interprété comme l'expression de la mort... mort qui fait le lien avec le vers de Lamartine "la page où l'on meurt"...
Voilà pour le hasard (?).

J'y ajoute cet extrait du "Livre des questions" d'Edmond Jabès :

- L'espace du livre au livre, est-il aussi blanc qu'on le dit ?
- Le livre survit au livre.
- Où es-tu, Yukel ?
- Hors du livre où les mots qui n'ont ni sons ni sens, semblables au pollen des dernières fleurs, errent dispersés par les vents.
- Qu'attends-tu Yukel, là où les vocables sont sans vie ?
- La vie façonnée de la mort, telle au faîte de la tige, la fleur formée de la graine.
("Le livre des questions", 1963-1965, L'Imaginaire-Gallimard, 1998, p. 217)

Michel Renard
15 janvier 2006


Commentaire écrit le mardi 27 septembre 2005 à 00:01:59 (lien)
Muriana - http://spaces.msn.com/members/murianafrance
J'aime ta pensée effleurante.
Je partage ton opinion, cette tristesse est amenuise.
Mais il est vrai que lire et relire décille souvent.
Cordialement.


Commentaire écrit le dimanche 1 février 2004 à 16:34:10 (lien)
alfred de Vigny
"La mort du loup"


Commentaire écrit le lundi 20 octobre 2003 à 17:28:34 (lien)
Max
Je trouve au contraire que ce poeme est un remede a la nostalgie, il nous engage a ne pas cultiver le souvenir et aller de l'avant. Si vous voulez revenir a la page ou vous aimez c'est que votre coeur est fermé a un amour futur et en quelque sorte, vous n'etes plus vivant !
Ce poeme est imprimé dans ma chambre sur un papier a fleur et ça lui donne beaucoup plus de resonnance. J'ai parcouru ces lignes de nombreuses fois avant d'en comprendre le sens profond, il est vrai également que Lamartine n'est pas connu pour etre un joyeux luron mais je vois un message optimiste dans ces vers.
Bien a vous
Max



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Mardi 26 août 2003

Mon travail de deuil

Après sept ans d'irréflexion, j'ai accepté de faire enfin le deuil de mon père. Cela n'a pas été sans bouffées de nostalgie et larmes de renonciation. Il fallait que je le laisse partir, pour moi. Alors je lui ai dit au revoir et j'ai su que ma nuit ne serait pas calme.

Le cauchemar a commencé. Je n'étais pas surprise ; je l'attendais tout en ignorant sous quelle forme il se présenterait à moi... Des extra-terrestres qui détruisent mon monde (la Terre en entier, ils ne font pas dans le détail...) en envoyant le feu pour tout ravager. Seules les maisons ayant accroché des citrouilles d'Halloween à l'extérieur seront épargnées (franchement, mon inconscient donne dans la facilité, je trouve !). Heureusement que mon cousin le savait, sinon on y passait. Nous nous réfugions dans une tente. Mes enfants sont beaucoup plus jeunes... L'âge correspondant à la période où mon père est mort, bien sûr... Tout autour de nous, un déluge de feu s'abat. Je me réveille à plusieurs reprises au cours de la nuit, terrifiée, mais c'est, chaque fois, pour mieux y retourner et reprendre mon cauchemar là où je l'ai laissé...

Et puis, vers le matin, la tonalité de mes rêves change. Ils deviennent plus paisibles. Mer et montagne sont côte à côte. Je me tourne vers la mer (et ma mère). Dans l'eau calme, le sacré-coeur illuminé de soleil... Une douce sérénité m'envahit. Tout va bien maintenant.


Papillon de Lune ou de l'Autre | Ajouter un commentaire | 2003-08-26 03:41:06
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